Smartcities : villes intelligentes et datas. Le calvaire énergétique et les opportunités économiques.

Les smartcities : définition.

Les smartcities … Villes intelligentes qui utilisent et exploitent les technologies de l’information et de la communication pour améliorer la qualité des services qu’elles hébergent et fournissent. Améliorations économiques et/ou écologiques.

Le décor des smartcities est posé. Faisons le point sur ce qui la compose, les principaux objectifs qu’elles ambitionnent d’atteindre, les changements comportementaux qu’elles engendrent chez les utilisateurs

L’objectif principal des smartcities étant d’améliorer la qualité des services fournis par la ville. Celles-ci seront animées par un écosystème intégrant diverses ressources telles que digitales, humaines, financières, entre autres. Il est important de comprendre que la mise en place d’un tel écosystème nait de vraies volontés politiques. Ce sont ces acteurs qui se placent souvent comme maître d’ouvrage de ces ‘’smartprojets’’.

C’est bien joli tout ça, mais il se passe quoi dans ma ville ? Les smartcities sont truffées de capteurs qui communiquent entres eux et alimentent des datas-center en informations riches de sens pour les infrastructures qui savent les exploiter. Les immeubles dans lesquels vous travaillez quotidiennement intègrent des capteurs de mouvements sismiques, de températures internes et externes, de pollution de l’air ambiant, des systèmes de badgeages pour les pointeuses et la sécurisation des accès …

What else ?

Là n’est qu’un aperçu de ce qui se passe dans un rayon de 30 mètres autour de vous. Quid des routes ?, de la distribution d’eau, de gaz et d’électricité ?, de l’environnement ?. Le simple fait de présenter votre pass-Navigo engendre une une production de données. Traitées, ces données feront ressortir les heures d’affluences les plus intenses et seront hiérarchisées par secteurs géographiques par exemple. Des capteurs sur nos routes permettent d’avoir le même type de données. Capteurs de pollution ? classés par zones géographiques, ils permettront de mesurer le taux de pollution en fonction des heures de la journée…

En d’autres termes, le principe est le même pour tous les types d’infrastructures mesurées dans les smartcities, elles utilisent des éléments de mesures afin d’optimiser les processus, les coûts et la qualité des services.

Les données recueillies représentent l’or noir du 21ème siècle. Mais sans traitement, la donnée n’est rien. Tour d’horizon de la data et de nos capacités de traitement.

Il est d’ailleurs à noter que le volume de données mondial sera multiplié par 5 d’ici 2025. Cette prévision montre à quel point les objets connectés vont évoluer tant techniquement qu’en nombre d’ici là. Véhiculant toujours plus de données, engendrant toujours plus de traitements.

L’internet des objets quant à lui (IoT) poursuit le même rythme de progression. En 2018 nous comptions 5,2 millions d’objets connectés. Le marché français des objets connectés a passé le milliard d’€ en 2018 avec une prévision de croissance d’environ 30% par an. De quoi donner le sourire aux acteurs du secteurs.

Dans son discourt de début d’année, M Bruno LEMAIRE a affirmé vouloir faire de la France le champion des centres de données en Europe. La France occupant actuellement la quatrième place de ce classement.

Fin 2018 la France comptait 180 datas-center environ. Prévision à +9%/an pour fin 2020. Pour rappel, 90% des données actuelles ont été créées au cours des 2 dernières années. Cela démontre la volonté des états à continuer le développement des diverses technologies liées aux datas-center. Environnement et écologie, techniques thermiques, sécurité informatique et des infrastructures, énergies renouvelables …

 

La capacité de traitement de nos datas-center ? Pour donner une idée, chaque personne dans le monde produit 1,7Mo de données par seconde. Sur une journée normale entre 7h et 22h presque 92 Go de données (l’équivalent de plus de 8 saisons de 15 épisodes chacune de votre série préférée…). Youtube par l’exemple ingurgite l’équivalent de plus de 3 saisons de 15 épisodes de 40mn, toutes les minutes !

Nous avons parlé datas, parlons traitement de la donnée. Toutes ces données ne valent rien si elles ne sont pas traitées. En effet, au-delà de son stockage, des technologies telles que le deep-learning et l’intelligence artificielle peuvent en tirer la moelle. Ainsi dans une majeure partie des cas, ces systèmes pourront engendrer de manière autonomes et standardisées diverses actions afin d’améliorer la qualité des services de la ville connectée.

Concrètement ? Soyez observateur, il se passe des choses autour de vous…

L’analyse du trafic routier sur certaines zones et à certaines heures induira un choix des systèmes afin de désengorger les itinéraires les plus empruntés au profit d’axes sous exploités jusqu’ici.

Une mesure correcte de la présence humaine dans un immeuble permettra une optimisation des énergies consommées en chauffage et en lumières en coupant/allumant les systèmes de manières plus pertinentes et ciblées.

Une mesure correcte de l’affluence dans les transports en communs, et ce dans des zones et des créneaux horaires différenciés permettront une amélioration des services et des coûts. Amélioration par la limitation ou l’augmentation des rames de métro ou de bus disponibles.

L’analyse de la pollution de l’air en temps réel permet déjà d’ordonner la réduction du trafic dans des zones différenciées par la restriction de circulation de certains types de véhicules. Parallèlement, les capteurs optiques placés sur la chaussée identifieront les contrevenants à cette restriction et établiront eux aussi les statistiques liées.

Les capteurs de particules, de fumée, de chaleur améliorent grandement les capacités de réaction de la sécurité civile face aux incendies de forêts par exemple. Des détections de risques sur des zones restreintes peuvent automatiquement déclencher des actions préventives en attendant l’intervention humaine.

Et l’écologie dans tout ça ?

Finalement, c’est bien sur ce point que les opinions divergent. Les pros ‘’Iot’’ argumentent sur l’optimisation des coûts et la maîtrise de la consommation des ressources naturelles. Les ‘’antis’’ argumentent également l’incroyable augmentation de la consommation énergétique. Les débats sont donc ouverts. A titre d’exemple, la région parisienne possède et héberge la plus grande concentration de datas-center en France. Il est difficile à ce jour d’en construire d’autres. Malgré l’émergence des besoins réels. Non pas par manque de place mais par manque de ressources énergétiques.

En effet les infrastructures de productions énergétiques ne suffisent pas face aux besoins.  C’est dire l’importance que revêt la data dans l’économie général. Il est donc complexe à ce jour de calculer précisément le gain net énergétique et donc écologique lié à l’exploitation des données. Pour économiser l’électricité d’un immeuble il est nécessaire d’utiliser des datas- center ; qui consomment de l’énergie…

Et pourtant, un discours commun émerge toutefois des acteurs du secteur. Il est nécessaire de développer l’utilisation des énergies renouvelables. Même si Bruno LEMAIRE veut placer la France comme leader européen dans l’exploitation des données, les discours politiques volontaristes feront toujours face aux lobbies des énergies fossiles et nucléaires.

Affaire à suivre.

Article rédigé par Marc CORNET