Web 3.0 : Reprenons le contrôle - Quai Alpha
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Web 3.0 : Reprenons le contrôle

Le Web 3.0 n'est pas vraiment une nouvelle version d'Internet, mais plutôt une évolution de ses usages. Que veut dire ce terme et qu'implique-t-il ?

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Pour bien comprendre le Web 3.0, nous devons remonter le temps jusqu’aux premiers jours de l’internet, à l’époque du Web 1.0.

Web 1.0

Apparu au début des années 1990, le Web 1.0 est également appelé l’internet « en lecture seule ». Les sites web pouvaient être visités, mais pratiquement aucune interaction n’était possible. Les revenus les plus importants provenaient des publicités sur les sites Web. En outre, les pages Web n’offraient aucune fonctionnalité interactive ; quel que soit le comportement du visiteur, le site Web restait identique.

Les livres d’or, l’ancienne section des commentaires. Si, de nos jours, la plupart des sites sociaux et d’actualité permettent à tout le monde de commenter, il n’en a pas toujours été ainsi. Pour gagner du temps de chargement sur les pages de contenu, les sites Web créaient une page « livre d’or », indépendante de l’article, où les utilisateurs pouvaient partager leurs pensées.

Bases de données et scripts : À cette époque, la plupart des sites Web n’avaient pas de base de données et stockaient tout le contenu dans les fichiers du site. Cela augmentait considérablement le temps de chargement pour chaque nouveau fichier ajouté.
Les scripts fonctionnant sur un serveur Web n’existaient pas non plus, de sorte que des actions telles que le remplissage de formulaires n’étaient qu’un déclencheur pour ouvrir un nouvel e-mail avec le récepteur déjà rempli.

La transition vers le Web 2.0 ne s’est pas faite du jour au lendemain, mais plutôt lentement et régulièrement. Les principaux changements qui ont permis cette évolution sont dus à l’augmentation des performances des serveurs et de la vitesse de connexion.

Web 2.0

Il s’est imposé vers 2004/2005 ; le Web 2.0 est ce que nous utilisons aujourd’hui dans la plupart des coins d’internet. Le principal changement par rapport au Web 1.0 a été la possibilité de publier du contenu généré par l’utilisateur, permettant aux visiteurs de créer du contenu et de partager leurs points de vue et leurs expériences sur n’importe quoi.

L’expérience utilisateur est également devenue une priorité lors du développement de sites web, en créant un contenu interactif et personnalisé.

L’utilisation des API (interfaces de programmation d’applications) a également amélioré l’interopérabilité entre les sites web et les services.

Les plateformes de médias sociaux sont un excellent exemple de site Web 2.0 typique ; elles vous permettent de partager votre contenu, de personnaliser votre fil d’actualité et d’envoyer des messages directement à partir de la page. Les pionniers de ce genre étaient des sites comme MySpace ou encore Facebook.

Si le Web 2.0 nous a grandement facilité la vie, nous avons également découvert les risques liés au partage de nos données personnelles avec des entreprises. Comme le temps l’a montré, les objectifs de ces sites Web pouvaient être authentiques au départ, mais il a été prouvé à maintes reprises que nos données, notre capacité d’attention et même notre opinion sont vendues à des tiers pour des gains personnels. Même si vos données ont une grande valeur pour eux, ils n’ont pas l’intention de partager une part du gâteau avec vous.

Nous sommes arrivés à un point où nous sommes devenus dépendants des grandes entreprises technologiques comme Google, Meta, Amazon, etc. Notre vie quotidienne est suivie à la trace dès notre réveil, ce qui nous rapproche un peu plus d’une dystopie où notre seul but est de consommer.

Si le Web 2.0 a incontestablement amélioré la façon dont nous utilisons internet, il a également montré ses faiblesses en accordant trop de confiance et de pouvoir à une poignée d’entités.

Les questions qui suivent sont bien sûr : comment changer cela, et surtout, qu’est-ce que le Web 3.0 nous permet de faire que nous ne pouvions pas faire auparavant ?

Web 3.0

Les jalons nécessaires pour atteindre le Web 3.0 comprennent, sans s’y limiter, le Big Data, l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique et la Decentralised Ledger Technology (DLT). Nous nous concentrerons sur cette dernière dans la suite de cet article.

Comme je l’ai mentionné précédemment, le Web 2.0 a permis à quelques entreprises de régner sur internet, faisant du World Wide Web un espace très centralisé. La plupart des sites Web sont hébergés par de grandes entités comme Amazon Web Services ou Azure Cloud Hosting (Microsoft), ce qui entraîne non seulement un arrêt majeur des services en cas de panne, mais leur confère également une influence incroyable.

Avec la prise de conscience croissante des risques de la centralisation, toutes les parties cherchent d’autres options. C’est là que la blockchain et les crypto-monnaies entrent en jeu. L’utilisation de ces technologies permet de créer des interactions P2P (Peer-to-Peer) qui étaient impossibles à réaliser par le passé sans faire confiance à l’autre partie.

À titre d’exemple, Akash Network a créé une infrastructure permettant le « cloud computing » P2P. Cela signifie que n’importe qui peut proposer son ordinateur comme serveur sur le réseau. Cela permet de se protéger de la censure car votre site web peut être hébergé par n’importe qui et même sur plusieurs serveurs ! Plusieurs de nos startups hébergent leur site sur Akash.

J’ai également mentionné précédemment comment notre attention est monétisée par des entreprises par le biais de publicités, sans que l’utilisateur ne voie aucun retour. Brave, un navigateur web, a décidé de faire quelque chose à ce sujet et vous permet de gagner leur jeton BAT (Basic Attention Token). Chaque fois que vous voyez une publicité, vous recevez des fractions du jeton comme récompense. Le jeton peut également être utilisé pour donner des pourboires aux créateurs, que ce soit sur Twitter, Twitch ou Medium !

La finance décentralisée est également un aspect fascinant du Web 3.0. Sans avoir à partager aucune donnée, vous pouvez connecter votre portefeuille de crypto-monnaies pour échanger des crypto-monnaies, prêter ou emprunter de l’argent, ajouter de la liquidité et obtenir une part des bénéfices.

Les données personnelles sont un autre point essentiel du Web 3.0. Nous avons été habitués à nous connecter à des comptes comme Google, Facebook ou Twitter pour utiliser leurs services. La plupart des Apps (applications interagissant avec une blockchain) vous demandent de vous connecter avec votre portefeuille de crypto-monnaies (Metamask, Phantom, xDefi, Maiar, etc.), pour ne partager que votre adresse publique. Vous pourriez décider d’utiliser une plateforme où vous partagez du contenu comme une plateforme de médias sociaux, mais où vous êtes le gardien de vos données.

Du côté des entreprises, commencent à se développer des ERP, des logiciels de gestion et de Supply Chain qui interagissent directement avec la blockchain. Le logiciel est conçu de manière à ce que les utilisateurs interagissent simplement, sans avoir à se concentrer sur les transactions, les clés privées/publiques, etc… Cette dApp (pour application décentralisée) a les mêmes principes que ceux détaillés plus haut, donnant aux entreprises le contrôle total et la propriété de leurs données. Les avantages, par rapport à des logiciels similaires, ne sont pas seulement la décentralisation de la base de données, mais aussi le fait que les solutions peuvent être développées sur mesure, à un prix très compétitif.

En ce qui concerne la grande masse des utilisateurs, ils pourront suivre n’importe quel produit qu’ils achètent sans partager aucune information, le site web de suivi interagit directement avec la blockchain pour présenter une interface propre avec toutes les informations nécessaires. Toutes les transactions peuvent également être approfondies grâce à l’explorateur. On pourrait imaginer des systèmes de récompense pour permettre de réclamer des tokens, de participer au réseau et d’avoir votre mot à dire. En fournissant uniquement l’adresse de votre wallet, aucune autre information ne serait nécessaire.

N’hésitez pas à nous contacter si le sujet vous intéresse plus en profondeur.

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Tom Destaing
Content & Community Manager @ Quai Alpha